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Devenir avocat : quels sont les talents nécessaires ?

Mis à jour : juil. 11


Pour notre premier podcast “Le rendez-vous des talents”, nous avons eu le plaisir d’accueillir l’avocat Marc Lipskier. Son plus grand talent, c’est justement de voir le talent des autres. Ce managing partner et cofondateur du cabinet Bamboo & Bees n’a pas sa langue dans la poche et se qualifie même d’avocat disruptif. Pour lui, devenir avocat ne signifie pas uniquement faire des études de droit et avoir le CAPA en poche. Par ailleurs, il n’est pas utile de rentrer dans les cases mais bien de s'affirmer tel qu’on est. Le fondateur du cabinet de recrutement Rinnovo a rencontré Marc il y a de nombreuses années. À cette époque, Antoine Valle avait pour mission d’aller à la rencontre de la profession juridique pour établir les classements des meilleurs cabinets d’avocats. Quelques années plus tard, Antoine et Marc se retrouvent en studio pour évoquer le talent des candidats dans le droit et se poser la question : quel talent faut-il pour devenir avocat ?

Devenir avocat : la vraie formation a lieu durant les premières années de collaboration


Marc Lipskier estime que pour être vraiment avocat, les études de droit en université et la réussite à l’examen du barreau ne suffisent pas. Selon lui, la vraie formation juridique a lieu durant ses premières années de collaboration. Si Marc a fait ses armes au sein de cabinets de droit prestigieux comme Bird & Bird, il estime que ces quelques années en tant que collaborateur puis associé auront fait office d’études et d’examen de passage. Former un avocat demande du temps. Les premières expériences en cabinet sont semblables à de l’usinage, elles apprennent à lire et à écrire conformément aux attentes du métier. Marc a pris conscience durant ses premières années, de ce qu’est réellement devenir avocat. C’est d’ailleurs une expérience qui lui a ouvert les yeux aux prémisses de sa carrière. Parti en quête d’une information, il se souvient s’être retrouvé une journée durant au Palais de Justice. Courant par monts et par vaux pour obtenir une réponse, il est rentré bredouille. Son manager n’aura eu besoin que d’un appel et d’une minute pour obtenir l’information en question. Il en vient à la conclusion que devenir avocat ne s’apprend pas à l’université mais avec la pratique. Évidemment, connaître le droit et la jurisprudence demeure important, cependant être combatif et faire sa place est primordial pour les avocats.

Devenir avocat c’est participer à la vie économique et stratégique de son cabinet

Au-delà du combat quotidien que cela représente pour cet emploi, connaître sur le bout des doigts les problématiques des clients vous permettra notamment de bien les comprendre. Qui dit bonne connaissance dit bon conseil juridique. La connaissance de l’environnement économique du client s’avère également utile. Finalement, les connaissances en droit sont au second plan. Dans un autre registre, Marc Lipskier affirme que le pragmatisme est une valeur fondamentale pour parvenir à être un bon avocat. Mieux vaut agir que de ne rien faire, et progresser. Dans cet état d’esprit et malgré la crise économique de 2008, il a décidé de créer son cabinet Bamboo & Bees. Être au cœur de l’activité et de la stratégie d’un cabinet d’avocats est ce qu’il y a de plus stimulant. Ainsi, en tant que fondateur et managing partner, il se situe au cœur des affaires de son entreprise.

Devenir avocat, c’est atteindre le graal et devenir associé :

Parce que le podcast “le rendez-vous des talents” tend à donner des conseils pour s’épanouir en tant qu’avocat, Marc nous a offert sa vision. Selon lui, la vie de collaborateur en tant qu’avocat ne dure qu’un temps. Son ambition de devenir associé est apparue dès lors qu’il a enfilé sa robe pour la première fois. Exit le prestige, pour Maître Lipskier, avoir ses propres clients est tout l’enjeu de cet emploi dès lors qu’on le débute. Cela implique une connaissance fine du client et de ses enjeux, notamment économiques. Être associé au succès des affaires du cabinet, s’avère nécessaire quand on souhaite percer dans cette voie du droit, et participer au fruit d’un travail collectif. Cependant, conscient du travail colossal que ce métier de justice représente, Marc perçoit naturellement le besoin de certains d’aller vers l’entreprise. Devenir avocat implique de nombreux sacrifices, des gloires comme des défaites. Un emploi de juriste en entreprise offre toujours le droit au chômage en cas de besoin. L’avocat indépendant devra toujours aller de l’avant, au moyen de sa propre énergie.

Être conscient de ses talents pour devenir avocat

À la question “quels conseils donnerais-tu aux jeunes qui souhaitent devenir avocat”, si avoir une excellente formation en droit demeure un prérequis, la réponse de Marc est sans équivoque : qu’ils se servent de leur talent, au maximum. Le talent doit être développé et offre la possibilité d’aller dans le sens de ses ambitions. Si le fondateur de Bamboo & Bees a autrefois souhaité devenir avocat pénaliste, il estime que malgré une finalité différente, il faut suivre le chemin de sa nature. La vie est trop courte pour faire autrement. Ce sont ces compétences qui poussent de nombreux jeunes avocats tenaces à aller de cabinets prestigieux en cabinets prestigieux après leurs études, et à participer à ce mercato de la justice. Si cette voie professionnelle est légitime, ça n’est pas celle qu’il a choisie. Il y a de la place pour tout le monde et chacun peut faire ce qu'il veut. Trouver son talent revient à comprendre pourquoi on vit. Nous ne sommes ni des numéros ni des machines, mais des humains singuliers et chacun dotés d’un talent particulier.

Valoriser ses talents pour être recruté dans cette profession

Si notre invité avoue ne pas avoir fait de CV depuis 25 ans, il estime que le travail doit venir à soi. En montrant son intérêt pour certaines problématiques et n’ayant pas peur d’affirmer ce qui nous anime, on a plus de chance d’attiser la curiosité de son futur employeur. Antoine ajoute à juste titre qu’élaborer un bon CV pour devenir avocat implique d’y ajouter sa passion. Affirmer ce qu’on aime, que ce soit lié avec sa profession juridique ou non, permet de créer l’attachement. Aujourd’hui, la plupart des CV des jeunes avocats sont tous identiques. Ils cherchent à rentrer dans un moule pour accéder aux offres prestigieuses. Or, s’affirmer et être soi-même est bien plus important. Cependant, certaines organisations de la profession sont très conservatrices et se cantonnent aux CV classiques et conventionnels, en proie à un seul type de collaborateur. Que les candidats se rassurent, si leur CV n’est pas retenu pour un entretien dans ce type de cabinets d’avocats, c’est qu’ils ne sont pas faits pour ces structures traditionnelles.

Ce qu’il faut retenir de notre entretien avec Marc Lipskier, c’est que les métiers comme celui d’avocat s’apprennent dès lors que l’on foule la porte de son premier cabinet. Une formation et une réussite à un examen ne suffisent pas. Dans cette profession, il ne faut pas avoir peur de rentrer dans des cases ou justement d’en sortir. Chacun voit midi à sa porte. Tant que l’on affirme son talent et que l’on suit ses ambitions, la carrière d’avocat souhaitée suivra. Le talent est un moteur et un atout essentiel pour devenir avocat, et atteindre peut-être un jour le rang d’associé.



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