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La transformation du travail avec l’IA

À l'occasion du salon Big Data et AI Paris en septembre 2021, l'accent a notamment été mis sur la question de la transformation du travail par l'Intelligence artificielle. Cette grand-messe technologique a su faire la part belle aux différents cas d'usage, dont la vocation est de faciliter le business des entreprises, mais aussi de libérer les employés de certaines tâches. L'IA questionne encore sur son impact sur la population et notamment le travail. Si cette technologie est partout (téléphones, ordinateurs, enceintes connectées, robots ménagers, etc.), elle s'impose dans le milieu professionnel depuis déjà de nombreuses années et a su faire ses preuves. Quels sont les secteurs impactés par l'IA et pourquoi en faire une alliée plutôt qu'une ennemie ?





Intelligence artificielle, définition :


Le Larousse définit l'intelligence artificielle ou l'IA comme « l'ensemble de théories et de techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l'intelligence humaine ». Trois éléments sont essentiels à la mise en place d'une IA : des systèmes informatiques, un gros volume de données (Big Data) dotées de systèmes de gestion, et des algorithmes (formules, code).

Appliquée au travail, l'IA peut remplacer certaines tâches rébarbatives, voire automatiser certaines fonctions. Si des individus la voient comme une menace, une bonne acculturation permet de rassurer les salariés et de réserver un meilleur accueil aux machines.

Les défis de l'intelligence artificielle appliqués au travail :


  • Automatisation des tâches : les IA sont en mesure de reproduire des fonctions humaines, par exemple : le fait de trier des mails ou du courrier. La reconnaissance visuelle permet ainsi d'automatiser ce type d'actions. Aussi, certaines machines sont-elles en mesure de repérer des défauts ou des failles techniques sur des chaînes de production, permettant aux techniciens de gagner du temps. C’est à tort que l'intelligence artificielle est diabolisée. Elle permet souvent de gagner en précision et de gagner du temps.

  • Question relative aux biais : les algorithmes prenant des décisions sont nourris de données, pas toujours représentatives de la réalité. S'entraînant avec une multitude de données, leurs décisions s'avèrent ainsi biaisées. Un exemple frappant : celui du choix de candidats parmi des CV, privilégiant les données masculines aux données féminines, car entraînées davantage avec des données relatives aux profils masculins. De nombreux professionnels des RH ont soulevé le problème ce qui permet désormais d'accorder plus d'importance à l'IA éthique. La réglementation européenne est d'ailleurs formelle à ce sujet : des règles éthiques doivent être appliquées avant d'appliquer les modèles d'intelligence artificielle.

  • La confiance : confier des tâches comme la détection de fraude, ou l'attribution d'un crédit à un usager, demande d'avoir une grande confiance envers la machine. Aussi convient-il d'une part d'entraîner longuement les modèles et de leur attribuer le plus de données neutralisées et d’autre part de superviser les machines. La relation homme-machine doit être basée sur la confiance humaine, et sur l'acceptation d'être accompagné par une aide technologique.

  • Acculturation à l'IA : la connaissance et la présence des algorithmes ne suffisent pas. En effet, encore faut-il entreprendre d'acculturer les employés au sein des entreprises. Souvent réticents, ils sont aujourd'hui sensibilisés par des personnes dédiées à cette acculturation. Le rôle de ces managers de transition ou manager IA/Data ? Faire des démonstrations, expliquer les bénéfices de ces technologies, organiser des workshops ou encore accompagner les travailleurs au jour le jour. Si certains se sentent délaissés, il est nécessaire de prouver qu'ils gagneront en valeur ajoutée, grâce au gain de temps généré par l'intelligence artificielle.

  • La création de nouvelles professions : depuis l'avènement des algorithmes, de nouveaux métiers ont vu le jour. Il a fallu créer de nouvelles offres d'emplois, des méthodologies, et également proposer de nouvelles formations. Aujourd'hui, de plus en plus d'écoles d'ingénieurs ou d'écoles spécialisées proposent des programmes permettant d'accéder aux métiers de l'IA : data scientist, data analyst, data manager, IA manager, développeurs, CRM manager, etc.

Quels sont les principaux secteurs concernés par la transformation du travail par l'IA ?

La santé : le secteur médical est largement concerné par la transformation du travail par l'IA. Les machines ont fait émerger certains cas d'usage prometteurs, tels que la détection prématurée de cancers, accompagnant les médecins et leur permettant de gagner du temps sur des diagnostics. Également l'IA aide à un suivi des patients plus efficace, et épargne certaines démarches parfois longues et coûteuses. Aussi, grâce au meilleur partage et tri des informations des dossiers médicaux, l'ensemble du personnel soignant communique plus efficacement et ne perd pas de temps.

L'industrie : les principaux cas d'usage du secteur industriel concernant la maintenance prédictive, la sécurisation des processus, la connectivité des objets entre eux (IOT), ainsi que l'optimisation globale de la production. Les techniciens sont assistés par les machines et gagnent même en compétences.

Le marketing : il s'agit d'un cas d'usage classique, celui du targeting (ciblage) et de la personnalisation. Les algorithmes sont désormais en mesure de proposer aux internautes des produits parfaitement conformes à leurs attentes. En effet, agrégeant des données massives sur les habitudes de consommation, le ciblage se fait automatiquement. Les équipes marketing accordent ainsi plus de temps à l'agilité et à la créativité.

Ressources humaines : les RH sont de plus en plus assistés par l'IA et les nouvelles technologies au sens large. Parmi les applications de l'IA au travail des RH, il existe :

  • Des outils d'optimisation des processus de recrutement.

  • Des méthodes de suivi de satisfaction des employés via des enquêtes automatisées.

  • La validation automatique des congés payés.

  • Pré-tri des CV, arrivant régulièrement de façon massive.


En aucun l'humain ne se voit lésé par ces technologies. Au contraire, les RH en tirent profit pour privilégier le contact humain et passer un temps plus qualitatif lors des différents entretiens. Finalement, quel est l'objectif de l'IA ? Décharger les individus de tâches répétitives et à faible valeur ajoutée.

La transformation du travail avec l'IA prend son essor depuis quelques années. Autrefois diabolisée car perçue comme une menace, l'intelligence artificielle s'impose de plus en plus comme une assistante pour la plupart des métiers, allant petit à petit vers l'acceptation. Si elle a un impact sur l'organisation des tâches et du travail, l'IA n'est pas près de remplacer l'humain.



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